L'orthographe du français s'est fixée à partir du XIe siècle. Dès cette époque on constate en effet une cohérence dans les manuscrits écrits en langue d'oïl. Cette orthographe a les caractéristiques suivantes :
- Les consonnes finales se prononcent ;
- [ɲ] est noté ign (gaaignier « gagner ») ;
- [s] intervocalique est parfois noté s (au lieu de ss) ;
- [k] est parfois noté k (au lieu de c ou qu) ;
- us final est abrégé en x (voir Abréviation#X (-us)) ;
- Il y a peu de lettres muettes et de lettres doubles ;
- [e] est noté ez ou es ;
- [ɛ] est noté es ou e suivi d'une consonne double.
À partir du XIIIe siècle, l'orthographe française connaît des bouleversements importants, qui font notamment suite à l'évolution de la langue (passage de l'ancien français au moyen français). Elle
s'éloigne alors du phonétisme et devient plus « idéographique ». C'est à cette époque qu'apparaît le s long, le point sur le i, le j. Dans le but de faciliter la lecture, notamment de distinguer les homonymes, les u des v et les i des j (qui étaient confondus), de nombreuses lettres muettes sont introduites. Elles ont souvent pour origine l'étymologie latine, mais pas toujours : le h introduit dans huile huit, etc. ou le l ajouté à ennuyeulx, peult, etc. n'a rien d'étymologique.
Au début du XVIe siècle, l'orthographe commence à avoir un impact sur la prononciation. Des consonnes initialement muettes, introduites en suivant l'étymologie, commencent à être prononcées (le b de subtil par exemple). Sous l'impulsion d'imprimeurs et d'écrivains (notamment Ronsard), apparaît une orthographe réformée, plus proche de la prononciation : introduction des accents, suppression des lettres « grecques » (ph, th, rh, y), du y notant [i], du ez notant [e], du x final muet, remplacement de en prononcé [ɑ̃] par an. Mais le Dictionnaire francoislatin (1549) de Robert Estienne va marquer le retour à une orthographe ancienne (y notant [i], es notant [e] ou [ɛ], rétablissement des lettres grecques, suppression de la plupart des accents). La deuxième moitié du XVIIe siècle sera cependant marquée par une certaine renaissance de l'orthographe « moderniste ».
L'Académie française choisit d'utiliser dans la première édition de son dictionnaire (1694) l'orthographe des greffes royaux, c'est-à-dire une orthographe archaïsante, proche de celle préconisée au siècle précédent par Robert Estienne. On y trouve cependant certaines améliorations : distinction systématique du j du i et du v du u, entraînant la disparition de lettres muettes servant à les distinguer (apuril devient avril), suppression de certaines lettres étymologiques, de certains s muets internes...
Pour en savoir plus sur l'histoire de l'orthographe du français, suivez des cours d'orthographe.
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